Les travailleurs du monde entier réclament l'accès universel aux vaccins contre le Covid-19, aux traitements et aux technologies

Malgré le dévouement de ces travailleurs, une poignée de gouvernements sabote la reprise mondiale en bloquant la mise en commun de ces avancées médicales, faisant davantage de victimes et mettant les travailleurs et les communautés en plus grand danger encore. Une action collective immédiate s'impose pour obtenir un accès égal et universel aux vaccins contre le Covid-19 ainsi qu'à ses traitements et technologies en général.

Le mouvement syndical international appelle les gouvernements, en particulier ceux du Royaume-Uni, de l'Allemagne et de la Suisse, ainsi que la Commission européenne, à prendre toutes les initiatives qui s'imposent pour rendre les vaccins contre le Covid-19 disponibles pour tous, et à appuyer la "dérogation ADPIC" temporaire et ciblée proposée par l'Afrique du Sud et l'Inde à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), ce qui permettrait de surmonter un obstacle énorme à la protection des travailleurs et des communautés dans le monde entier alors que le coronavirus continue de frapper. Le système de l'OMC envisage la suspension des règles sur la propriété intellectuelle dans des circonstances exceptionnelles; la pandémie est incontestablement une circonstance exceptionnelle.

Les travailleurs ont payé le prix de l'inégalité d'accès aux vaccins, en particulier ceux des pays du sud. Dans les pays mal approvisionnés, les travailleurs de la santé et autres travailleurs de première ligne attendent toujours d'être vaccinés. Alors qu'ils restent déterminés à assurer la sécurité de leurs sociétés, à maintenir des chaînes d'approvisionnement essentielles et les économies en fonctionnement, une poignée de dirigeants et de firmes pharmaceutiques leur tourne le dos.

Le droit vital à un lieu de travail sûr n'est possible qu'en ayant accès à la vaccination, où qu'on vive. Le fait de ne pas assurer l'équité mondiale dans l'accès aux vaccins et aux traitements est une menace existentielle pour la sécurité des travailleurs, et cela a un impact négatif sur les droits de l'homme, y compris le droit à la vie, le droit au niveau de santé le plus élevé possible, le droit de bénéficier du progrès scientifique, et le droit au développement.

C'est aussi une menace pour la reprise industrielle. Le FMI a averti que, le fait de ne pas accélérer la vaccination pourrait compromettre la reprise et coûter au PIB mondial 5,3 billions $ au cours des cinq prochaines années. La production, la distribution et la consommation de biens et de services, et les activités économiques qui y sont associées risquent des bouleversements sans précédent. Le fait de retarder la vaccination mondiale ne fera que prolonger la pandémie de Covid-19 et déclencher d'autres crises économiques à l'avenir.   

Les travailleurs du monde entier veulent une action d'urgence. Les syndicats sont déjà intervenus en faveur de la dérogation dans 127 pays. Les vies et les moyens de subsistance des travailleurs et de nos communautés en dépendent.

Chaque jour qui passe fait de nouvelles victimes et retarde la reprise. La défense des rentes et la recherche du profit pendant une pandémie sont inacceptables. Les excuses ne sont plus de mise.

Personne ne sera en sécurité tant que nous ne serons pas tous en sécurité.

C'est pourquoi le Conseil des Global Unions (CGU) – représentant plus de 200 millions de travailleurs au travers de la Confédération syndicale internationale (CSI) et des Global Union Federations (GUFs), dont la Commission syndicale consultative auprès de l'OCDE (TUAC) :