L'accord sur l'exonération des textiles tissés est une grande avancée pour la sauvegarde de l'emploi en Afrique du Sud

Cette publication du 5 février annonce des importations hors taxes de textiles tissés. Selon le SACTWU, ce changement de politique va promouvoir la croissance dans les secteurs du textile et de l'habillement. En outre, cela stimulera les marchés publics locaux et augmentera la contribution du secteur à l'industrialisation du pays.

La mesure sauvera des emplois dans une économie qui connaît un taux de chômage élevé. D'après le 4e rapport trimestriel de l'Institut sud-africain de statistique pour 2020, le chômage atteint 32,5 pour cent et jusqu'à 42,5 pour cent si l'on prend en compte le taux de chômage élargi, qui englobe les demandeurs d'emploi découragés.

Cette annonce tombe après quatre mois de négociations avec les partenaires sociaux, au nombre desquels les revendeurs, les fabricants de vêtements et les usines textiles. Les employeurs participant aux négociations représentent 75 pour cent des PMME tandis que le SACTWU représente 90 pour cent des travailleurs. Les négociations ont eu lieu dans le cadre du plan directeur R-CTFL pour la vente au détail dans l'habillement, le textile, la chaussure et le cuir (Retail, Clothing, Textile, Footwear and Leather). 

Andre Kriel, le secrétaire général du SACTWU, a déclaré :

"Le consensus qui s'est dégagé par cet accord pour le développement industriel est inédit. Ensemble, ces employeurs et ces organisations de travailleurs constituent le porte-parole le plus représentatif de l'industrie dans ce débat. Il est à noter que les tissus importés sont exclusivement destinés aux entreprises qui ont souscrit au plan directeur R-CTFL et respectent des normes de travail minimales."

Le plan directeur R-CTFL du ministère du Commerce, de l'Industrie et de la Concurrence a pour but de développer la chaîne de valeur du textile et du vêtement. La chaîne de valeur inclut le filage, le tissage, la teinture, le tricotage et l'apprêtage des fibres naturelles et synthétiques et le tannage du cuir.

Les activités de coupe, d'assemblage et de finissage, les maisons de couture, les fabricants de textiles d'ameublement de même que les maroquiniers et les chausseurs font aussi partie de la chaîne de valeur. Les produits locaux et d'importation sont également concernés et la vente au détail porte sur le marché national et international.

Les partenaires sociaux ayant participé aux négociations sont la Fédération nationale de la vente de vêtements au détail (NCRF), l'Association de l'habillement et du textile d'Afrique du Sud (ATASA), l'Association sud-africaine de l'habillement (SAAA), les Fabricants de vêtements d'Afrique du Sud (AMSA) et la fédération du textile Texfed qui représente les usines textiles.

Paule France Ndessomin, la secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, a déclaré :

"Nous félicitons le SACTWU qui ne relâche pas la lutte pour obtenir des accords bénéfiques pour les travailleurs. La chaîne de valeur du secteur textile et du vêtement est essentielle pour l'industrialisation de l'Afrique du Sud et pour la création d'emplois décents."

Les partenaires sociaux ont présenté le plan au gouvernement en septembre 2020. Pour le SACTWU, cette avancée n'a que trop tardé, au bout de quatre décennies de discussions.

Crédit photographique : ©EIF/Simon Hess, Flickr