Enfin, victoire du Zewu dans la négociation

Zesa, entreprise semi-publique d’électricité du Zimbabwe, n’avait pas respecté une convention collective qui l’obligeait à payer à son personnel le salaire minimum de 275 USD par mois. En conséquence, Zewu avait engagé une action pénale contre Zesa pour non respect de l’accord. Le procureur général a estimé que Zesa avait délibérément refusé de donner aux travailleurs et travailleuses le montant qui leur était dû, et que l’entreprise avait commis une infraction en contrevenant à la loi sur le travail.

Le magistrat a déclaré dans son jugement: “Nous avons trouvé Zesa coupable de non respect du SI 50 (enregistrement de la convention collective) qui oblige à verser l’augmentation salariale de 2012. Les faits retenus contre Zesa sont accablants. Quand les négociations sur la convention collective ont eu lieu en 2012, Zesa était présente à la table des négociations et donc pleinement informée de la création du SI 50. Pour cela, et pour tous les autres faits exposés devant l’honorable tribunal, l’État a trouvé que ZESA était indubitablement coupable”.

Le tribunal a ordonné à Zesa de payer une amende de 400 USD, de respecter l’accord et de restituer les sommes dues, en demandant à Zesa de verser aux travailleurs et travailleuses 60 millions d’USD pour les retards salariaux, faute de quoi il y aurait saisie sur les biens.

Cette décision de justice a provoqué des scènes de réjouissances parmi les 3.000 salariés de Zesa. La présidente du Zewu, Angeline Chitambo, a déclaré dans un commentaire sur le jugement “que cela donne une grande leçon aux employeurs qui ont surchargé de travail leurs salariés et les ont sous-payés… et que justice a finalement prévalu sur les forces du mal”.   

Chitambo avait été injustement mise à pied l’année dernière par Zesa pour avoir, selon les dires, incité les travailleurs et travailleuses à se mettre en grève pour non respect de la convention collective. Elle poursuit actuellement son combat aux côtés de son syndicat, ZEWU, pour obtenir sa réintégration.